
Les 13 Pères Noël islandais sont les personnages de Noël les plus appréciés d'Islande : treize frères espiègles qui descendent des montagnes chaque mois de décembre. Découvrez leur mère terrifiante, Gryla, le redoutable Chat de Noël et les légendes qui rendent Noël en Islande unique au monde.
Noël en Islande est une période de lumières éclatantes, de festivités, de plats délicieux et… de peur. Le mot est peut-être un peu fort, mais l'Islande possède des légendes de Noël très particulières, transmises par les habitants depuis des siècles !
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Contrairement au Père Noël bienveillant que connaissent de nombreuses cultures occidentales, les 13 Pères Noël islandais sont réputés pour leurs espiègleries. Leur mère, Gryla, est une ogresse monstrueuse qui enlève et dévore les enfants désobéissants. Et si vous ne recevez pas un nouveau vêtement avant les fêtes, attendez-vous à recevoir la visite du Chat de Noël, qui partage son appétit !
Continuez votre lecture pour tout savoir sur les Pères Noël islandais, leur mère terrifiante et le légendaire Chat de Noël avant de visiter l'Islande à Noël !
À retenir
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Les 13 Pères Noël islandais sont les fils espiègles de l'ogresse Gryla. Ils arrivent un par un des montagnes chaque mois de décembre pour déposer des cadeaux ou des pommes de terre pourries dans les chaussures des enfants.
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Autrefois redoutés comme de dangereux farceurs, les Pères Noël n'ont commencé à laisser des cadeaux qu'au XXe siècle.
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Leur mère, Gryla, est l'une des figures les plus anciennes du folklore islandais, avec des origines remontant aux textes nordiques du XIIIe siècle.
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Les treize personnages officiels n'ont été établis qu'en 1932, grâce à un poème populaire de Jóhannes úr Kötlum. Avant cela, leurs noms et leur nombre variaient considérablement selon les régions.
Ce qu'il faut savoir sur les Pères Noël islandais
Durant la majeure partie de l'année, beaucoup pensent que les 13 Pères Noël islandais se cachent dans les formations de lave de Dimmuborgir, situées dans la région de Mývatn, dans le nord de l'Islande. D'autres pensent qu'ils vivent simplement dans une région montagneuse inconnue.
Du 12 au 24 décembre, cependant, ils quittent leur refuge un par un pour se livrer à treize jours d'espiègleries. Chacun a ses propres tours, allant de la simple farce à des actes terrifiants, qu'il perpètre dans tout le pays jusqu'à la fin de la période de Noël.
Les 13 Pères Noël islandais font autant partie des traditions festives du pays que la grande inondation de livres de Noël islandaise et le fait de manger de l'agneau fumé.
Aujourd'hui, leur image a été largement adoucie. Au lieu d'être représentés comme des trolls définis par leurs méfaits, ils portent souvent des vêtements traditionnels rouges et blancs, une barbe fournie et un large sourire. Comme le souligne le professeur Terry Gunnell de l'université d'Islande, leurs noms révèlent à eux seuls ce qu'ils étaient autrefois : des personnages qui prenaient au lieu de donner.
Cette transformation est elle-même une tradition de Noël qui a survécu. Au lieu de faire des farces, ils déposent désormais des cadeaux dans les chaussures que les enfants placent sur le rebord de leur fenêtre, un peu comme les chaussettes accrochées aux cheminées dans d'autres cultures. À la place d'un morceau de charbon, les enfants islandais désobéissants trouvent simplement une pomme de terre dans leur chaussure au matin.
Même s'ils ont quelque peu changé depuis le XIXe siècle, l'apparence et le comportement d'origine des Pères Noël révèlent beaucoup de choses sur l'histoire, la culture et le folklore islandais. Ils illustrent parfaitement la manière dont les traditions festives diffèrent à travers le monde.
Une grande partie de l'apparence actuelle des Pères Noël vient de Brian Pilkington, un illustrateur né en Angleterre qui s'est installé en Islande en 1974 et dessine le folklore du pays depuis des décennies. Son livre The Yule Lads: A Celebration of Iceland's Christmas Folklore a donné aux 13 frères et à leur mère, Gryla, les visages hirsutes et expressifs que les Islandais imaginent aujourd'hui à Noël. Il a également illustré les autres personnages des légendes islandaises, des trolls au peuple caché en passant par le redoutable Chat de Noël, un travail qui lui a valu le surnom de « père du Noël islandais ».
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Les treize Pères Noël islandais
Photo de Meet The Yule Lads in Dimmuborgir, Mývatn
Dans la culture moderne, lorsque la saison arrive, les 13 Pères Noël descendent des montagnes pour participer aux célébrations dans tout le pays, jouer avec les enfants et divertir les fêtards. Pendant les fêtes, ils apparaissent au Musée national d'Islande, vêtus de costumes traditionnels.
Ils contribuent à rendre l'Islande encore plus merveilleuse à Noël. Il s'agit toutefois d'une version plus adaptée aux familles de l'ancien folklore islandais dont sont issus les Pères Noël.
Même s'ils n'ont pas hérité du cannibalisme de leur mère, les trolls de Noël islandais étaient toujours très redoutés des enfants en raison de leur comportement inquiétant. Avant l'industrialisation, même les adultes islandais croyaient largement aux trolls. Beaucoup devaient donc se demander si les histoires de ces Pères Noël n'étaient pas fondées.
Les noms des Pères Noël reflètent les particularités de chacun des frères, présentées ci-dessous dans l'ordre.
Stekkjastaur | le rôdeur des bergeries
Illustration de Haukur Valdimar Pálsson
Le premier des Pères Noël à quitter les montagnes pour semer le trouble en Islande était Stekkjastaur, ou « le rôdeur des bergeries ». Du 12 au 26 décembre, son passe-temps consistait à harceler les moutons de chaque foyer qu'il rencontrait.
Les Islandais gardaient généralement leurs moutons sous terre pendant les mois d'hiver. Ainsi, lorsque les bêlements torturés de leurs animaux résonnaient dans la maison, c'était le signe que Stekkjastaur les avait trouvés. Un tel bruit, pourtant courant en hiver lorsque les tempêtes malmenaient régulièrement le troupeau, devenait encore plus inquiétant, surtout parce que les moutons étaient la source de subsistance de chaque ferme.
Malgré son apparence de troll terrifiant, Stekkjastaur, comme beaucoup de ses frères, était limité par une malformation. Ses jambes raides entravaient ses mouvements. La meilleure chose à faire lorsqu'on l'entendait exciter les animaux était donc d'attendre que cela passe : il devait bientôt se rendre chez le voisin pour terroriser autant de foyers islandais que possible avant le lever du jour.
Giljagaur | le rôdeur des ravins
Illustration de Haukur Valdimar Pálsson
Giljagaur, ou « le rôdeur des ravins », était le deuxième Père Noël islandais à arriver dans les villages humains. Caché dans les ravins autour d'une maison, il attendait que ses habitants s'endorment avant de s'introduire dans l'étable pour voler le lait disponible.
Ce faisant, il privait les familles de l'ingrédient essentiel des sauces destinées à accompagner les repas de fête, sans parler du traditionnel skyr.
Même si seuls les Islandais les plus riches possédaient des vaches, la plupart des personnes pauvres vivaient autrefois dans les fermes des plus fortunés. Tous étaient donc touchés par les méfaits de ce troll.
Stufur | le petit trapu
Illustration de Haukur Valdimar Pálsson
Le troisième Père Noël, Stufur, ou « le petit trapu », semait le trouble en Islande à Noël en volant les poêles pour en racler la délicieuse croûte qui y restait. Du 14 au 26 décembre, son appétit était insatiable.
Cela peut sembler être un crime sans gravité, mais les casseroles et les poêles avaient autrefois une grande valeur en Islande. Le pays ne possédait ni réserves de fer ni industrie minière, et ces objets devaient être importés à un prix très élevé. Pour certaines familles démunies, ils constituaient les seuls biens de valeur qu'elles possédaient.
Thvorusleikir | le lécheur de cuillères
Illustration de Haukur Valdimar Pálsson
Thvorusleikir, le quatrième Père Noël, est connu en anglais sous le nom de « Spoon-Licker ». Ce troll de Noël commençait sa tournée nationale de méfaits le 15 décembre de chaque année, s'introduisant dans les maisons islandaises pour lécher les cuillères des familles dans l'espoir d'y trouver quelques restes à manger.
Le comportement de Thvorusleikir était dû à son étrange malformation. Il était extrêmement maigre à cause de la malnutrition, ce qui était inhabituel chez les trolls, le plus souvent représentés comme des créatures corpulentes et musclées.
La leçon à tirer du comportement de Spoon-Licker est moins évidente qu'avec beaucoup d'autres Pères Noël, même s'il s'agissait peut-être simplement d'inciter les enfants à bien nettoyer leurs couverts.
Pottaskefill | le racleur de casseroles
Illustration de Haukur Valdimar Pálsson
Pottaskefill, connu en anglais sous le nom de « Pot-Scraper », ressemble à plusieurs de ses frères : ses espiègleries de Noël sont motivées par la gourmandise. S'introduisant dans une maison après l'autre, il cherche les casseroles de sauce, les morceaux de viande rôtie restés sur le plat, les poêlées de légumes de saison et racle tout ce qui reste à manger.
Pottaskefill a sans doute été créé pour encourager les enfants à finir leur repas. Les restes risquaient de l'attirer jusqu'à la porte. Comme les aliments devaient être conservés pour durer pendant les longs mois d'hiver, tout gaspillage était très mal vu. Personne n'osait partir pêcher sur les mers tumultueuses à cette saison, et personne ne voulait abattre un animal qui pouvait encore contribuer à assurer ses moyens de subsistance pendant l'été.
Askasleikir | le lécheur de bols
Illustration de Haukur Valdimar Pálsson
Gully-Gawk vole le lait, Stubby dévore la croûte des poêles, Pot-Scraper engloutit les restes et Spoon-Licker, le maigre, fait exactement ce que son nom indique. Le sixième frère, Askasleikir, était lui aussi à la recherche d'un morceau facile à manger, mais ses méfaits étaient peut-être les plus inquiétants jusque-là.
Le nom anglais d'Askasleikir est « Bowl-Licker ». Il est réputé pour aspirer les restes de ce qui se trouve dans les bols, ou plutôt dans un « askur », un type de bol islandais sculpté muni d'un couvercle. Mais sa manière de procéder est particulièrement cauchemardesque.
Chaque nuit, Askasleikir se glissait littéralement sous le lit d'un enfant et attendait qu'il termine sa soupe ou son dessert du soir. Une fois l'enfant rassasié, il s'emparait des restes pour les engloutir. Peut-être créé pour inciter les enfants à aller dormir lorsqu'on le leur demandait, ou pour les empêcher de grignoter à minuit, il incarne parfaitement le monstre caché sous le lit.
Hurdaskellir | le claqueur de portes
Illustration de Haukur Valdimar Pálsson
Hurdaskellir a adopté un mode opératoire inspiré de l'un des plus anciens ressorts de l'horreur. Son nom anglais est « Door-Slammer » et, lorsqu'il entreprend son périple de treize jours pendant les fêtes, c'est tout ce qu'il compte faire.
Jusqu'à la fin du mois, il se faufilait de maison en maison, des confins des Fjords de l'Ouest jusqu'au centre animé de Reykjavík, pour s'introduire dans les habitations et claquer autant de portes que possible afin de réveiller ceux qui dormaient à l'intérieur.
Avec les vents violents de l'hiver islandais et la construction rudimentaire de nombreuses maisons en tourbe islandaises, il ne fait aucun doute que plus d'un enfant est resté éveillé, terrorisé, pendant les fêtes de Noël, convaincu que Hurðaskellir faisait sa tournée dans sa maison.
Skyrgamur | le dévoreur de skyr
Illustration de Haukur Valdimar Pálsson
Les repas qui précèdent Noël sont sans aucun doute parmi les meilleurs de l'année. On peut se régaler de volailles parfaitement cuites, de rôtis aux fruits secs, de tourtes à la viande, de bonshommes en pain d'épices, de brioches à la cannelle et de toutes sortes d'autres gourmandises. En Islande, un plat mérite toutefois une mention particulière pendant cette saison : le délicieux skyr crémeux.
Ce produit laitier traditionnel, sain et savoureux peut être considéré à juste titre comme l'une des véritables spécialités islandaises, surtout comparé à certains des plats islandais les plus insolites, comme le « hákarl » (requin fermenté) et les « hrútspungar » (testicules de bélier).
Délicieux toute l'année, le skyr est particulièrement apprécié à Noël, car il apporte une touche de fraîcheur après les nombreux repas rôtis copieux qui accompagnent généralement les fêtes.
Dans le folklore de Noël islandais, les humains n'étaient toutefois pas les seuls à convoiter le skyr à cette période de l'année. C'était également le plat préféré du huitième Père Noël islandais, Skyrgamur, ou « le dévoreur de skyr ».
Du 18 au 30 décembre, cette spécialité nationale, aussi délicieuse avec des plats sucrés que salés, devait être surveillée attentivement pour éviter qu'elle ne tombe entre les mains de ce troll malfaisant.
Bjugnakraekir | le voleur de saucisses
Illustration de Haukur Valdimar Pálsson
Fumer la viande est l'une des méthodes de cuisson préférées en Islande. Le poisson et l'agneau fumés sont populaires toute l'année, tout comme les saucisses fumées appelées « bjúga » en islandais.
À partir de la nuit du 20 décembre, il fallait toutefois rester vigilant lors de la préparation des bjúga. C'était le seul aliment sur lequel le neuvième Père Noël, Bjugnakraekir, ou « le voleur de saucisses », souhaitait mettre la main.
Bjugnakraekir avait trouvé le moyen idéal de voler cette spécialité islandaise. On racontait qu'il s'introduisait dans les maisons et se cachait dans les poutres, attendant que le dîner soit prêt avant de fondre sur les saucisses depuis les hauteurs pour les dérober.
Gluggagaegir | le guetteur aux fenêtres
Illustration de Haukur Valdimar Pálsson
Le dixième Père Noël à descendre des montagnes pendant les fêtes était peut-être le plus inquiétant de tous : Gluggagaegir, ou « le guetteur aux fenêtres ».
Compte tenu de l'obscurité des hivers islandais, avec seulement quatre heures de lumière par jour autour de Noël, il est facile d'imaginer la peur que les enfants devaient ressentir en passant devant les fenêtres de leur maison le soir de Noël, terrifiés à l'idée que ce troll redoutable les observe.
Comme pour plusieurs personnages mentionnés plus haut, le comportement glaçant de Gluggagaegir semble avoir été imaginé pour empêcher les enfants de sortir dans l'obscurité hivernale. C'était aussi un rappel que Gryla, la dévoreuse d'enfants, avait des yeux partout dans le pays et surveillait les petits désobéissants.
Gattathefur | le renifleur de portes
Illustration de Haukur Valdimar Pálsson
Gattathefur, ou « le renifleur de portes », est peut-être né du sifflement du vent qui s'infiltrait dans les maisons en tourbe islandaises mal isolées. Comme le guetteur aux fenêtres et le claqueur de portes, l'idée qu'il se glisse dans une maison pour y semer le chaos hantait les cauchemars des enfants islandais.
La situation était aggravée par le nez gigantesque de Gattathefur, énorme même pour un troll de son espèce. Son reniflement avait également une raison malveillante : il cherchait sans cesse son plat préféré, la spécialité islandaise appelée laufabrauð (pain-feuille).
Cette délicieuse gourmandise n'est préparée qu'à Noël et sa confection est souvent un moment familial très apprécié, surtout dans le nord. Elle est ronde, très fine, frite et décorée de motifs complexes, généralement en forme de feuilles.
Les familles réputées pour leurs motifs détaillés en voulaient particulièrement à Gattathefur, car il volait souvent leur laufabrauð avant qu'elles ne puissent impressionner le moindre invité.
Ketkrokur | le voleur à l'hameçon
Illustration de Haukur Valdimar Pálsson
Les traditions culinaires de Noël varient considérablement d'une famille à l'autre, mais un élément central est commun à la plupart des festins : la viande. Dans le folklore islandais, elle était la cible du douzième et avant-dernier Père Noël, Ketkrokur, ou « le voleur à l'hameçon ».
À l'affût partout où il pouvait accéder à une cuisine — dans la cheminée, derrière les portes, sous les tables, dans les placards ou devant les fenêtres ouvertes —, il attendait qu'un morceau de viande soit posé sur le plan de travail. Dès qu'il pouvait éviter d'être capturé, il sortait son long crochet et s'emparait de la pièce maîtresse du repas familial.
Contrairement à son frère Bjugnakraekir, qui ne recherchait que les saucisses fumées, Ketkrokur était moins difficile et attendait que toute la famille s'endorme avant de fondre sur les lieux pour voler toute viande qui traînait.
Kertasnikir | le voleur de bougies
Illustration de Haukur Valdimar Pálsson
Le dernier Père Noël est Kertasnikir, dont le nom signifie « voleur de bougies » ou « mendiant de bougies ». Il apparaît en Islande le soir de Noël. Comme pour ses douze frères, son nom est explicite, même si les conséquences de ses espiègleries étaient plus problématiques qu'il n'y paraît.
Autrefois, les bougies avaient une grande valeur en Islande, car elles apportaient de la lumière pendant l'obscurité hivernale, qui, rappelons-le, dure environ vingt heures par jour à Noël. Les bougies étaient également le seul moyen dont disposaient les Islandais pour s'adonner à leur passe-temps favori : la lecture. À Noël, se réunir pour lire est une vieille tradition islandaise.
Cette coutume rend les méfaits de Kertasnikir d'autant plus gênants.
Il ne voulait même pas utiliser les bougies pour lire des romans et de la poésie. Il cherchait uniquement à grignoter le suif dont elles étaient faites.Pour récupérer le plus de suif possible, il s’en prenait aux cibles les plus faciles de la maison : les enfants. Il les suivait jusqu’à leur chambre ou leur coin lecture et leur volait les bougies directement des mains.
Kertasnikir était sans aucun doute l’un des Pères Noël les plus envahissants et les plus perturbants pour les enfants. Tous pouvaient toutefois se rassurer en sachant qu’il était le dernier et qu’au bout de treize jours, lui, ses frères, sa mère et son chat retourneraient dans les grottes du nord de l’Islande, où ils resteraient tapis jusqu’à Noël prochain.
Aujourd’hui, les Pères Noël sont plus adaptés aux familles et ont tendance à donner davantage qu’à voler. Kertasnikir est donc le dernier à offrir des cadeaux aux enfants islandais avant Noël, et son présent pour les enfants sages est le plus souvent une bougie.
Gryla, la mère des Pères Noël islandais
Photo de Wikimedia, Creative Commons, par Andrii Gladii. Aucune modification n’a été apportée.
Les Pères Noël islandais sont peut-être devenus plus sympathiques au fil des ans, mais leur mère Gryla reste un troll terrifiant et demeure l’une des traditions de Noël les plus anciennes d’Islande.
Cette géante est l’une des figures les plus maléfiques du folklore islandais, et les histoires terrifiantes à son sujet sont encore racontées aux enfants pendant les fêtes. Toute l’année, elle recueillerait les rumeurs concernant les enfants désobéissants de l’île et, lorsque l’hiver arrive, elle partirait à leur recherche.
Son appétit pour la chair des jeunes désobéissants est insatiable, et chaque année, elle ne manque pas de trouver sa récolte favorite. Elle les rassemble dans un sac, les fait cuire dans une marmite et les transforme en un immense ragoût qui la nourrira jusqu’à l’hiver suivant.
Gryla serait déjà suffisamment terrifiante si elle agissait seule, mais malheureusement pour les enfants islandais, ce n’est pas le cas. Elle partage sa grotte de montagne dans le nord de l’Islande avec un énorme félin noir appelé le Chat de Noël, qui a lui aussi un appétit pour la chair humaine.
Photo de Regína Hrönn Ragnarsdóttir
Le Chat de Noël, toutefois, ne s’en prend pas uniquement aux enfants qui ont été désobéissants. Il s’attaque volontiers à tout enfant qui n’a pas reçu de nouveaux vêtements à porter pour Noël.
Gryla vit également avec son dernier mari, un troll nommé Leppaludi. Membre le moins menaçant de la famille, il est tellement soumis qu’il en devient pathétique. Peut-être par peur de subir le même sort que le précédent compagnon de Gryla, que celle-ci aurait dévoré (!), il n’exerce aucune influence sur ses penchants maléfiques.
Les traditions liées à Gryla en disent long sur le folklore islandais. Le fait qu’elle dévore les enfants et les recherche pendant les fêtes transmet aux plus jeunes un message similaire à celui du père Noël qui apporte du charbon, mais avec un peu moins de subtilité. Le message est on ne peut plus clair : soyez sages pendant les fêtes de Noël !
La manière plus brutale de transmettre ce message s’explique peut-être par le fait que les hivers islandais étaient extrêmement dangereux et que de nombreux enfants désobéissants sortis dans l’obscurité et la neige ne rentraient jamais chez eux. Il y avait également beaucoup de travail à accomplir avant l’arrivée des mois les plus sombres, ce qui exigeait davantage de rigueur et d’efforts de la part de tous les membres de la famille.
Dans cette optique, l’histoire selon laquelle le Chat de Noël dévorait les enfants qui ne recevaient pas de vêtements en cadeau aurait probablement été inventée pour s’assurer que tout le monde termine le tissage, le tricot et la couture avant la fin de l’hiver.
Photo de Regína Hrönn Ragnarsdóttir
Gryla était une figure si terrifiante pour les enfants qu’au XVIIIe siècle, le parlement islandais a interdit d’utiliser sa légende pour les effrayer. Les enfants n’étaient plus menacés d’être dévorés et recevaient à la place des pommes de terre pourries dans leurs chaussures s’ils se comportaient mal.
Nous avons demandé au professeur Terry Gunnell pourquoi Gryla reste une figure aussi importante de la culture islandaise.
C’est une figure fascinante. Les enfants aiment les personnages légèrement effrayants, comme dans les livres de Roald Dahl.
Aujourd’hui, on trouve des statues de Gryla dans tout le pays, notamment à la Maison de Noël d’Akureyri, près de Fossatun, et même à l’aéroport de Keflavik pendant la période de Noël, en raison de son rôle essentiel dans les traditions de Noël islandaises.
Beaucoup pensent que sa demeure se trouve à Dimmuborgir, un site visité lors de nombreuses excursions au départ d’Akureyri, la capitale du nord de l’Islande, et qui constitue une étape de la célèbre route touristique du Cercle de diamant.
Les nombreux Pères Noël islandais : variations régionales et chemin vers le nombre 13
Les treize Pères Noël islandais tels que les connaissent aujourd’hui les Islandais n’ont pas toujours été treize, et leurs noms n’ont pas toujours été les mêmes. Les premiers récits à leur sujet variaient considérablement selon la région d’Islande où ils étaient racontés.
Le nombre treize ne s’est imposé dans la tradition populaire qu’à la fin du XVIIIe siècle. Les noms et les personnalités que la plupart des Islandais reconnaissent aujourd’hui n’ont été définitivement établis qu’en 1932. Cette année-là, le poète Jóhannes úr Kötlum a publié son célèbre poème Jólasveinarnir dans le recueil Jólin koma (Noël arrive). Ce poème a fixé la version canonique.
Avant cette standardisation, plus d’une centaine de noms différents de Pères Noël avaient été recensés en Islande, avec des personnages variant selon les régions. L’une des plus anciennes sources conservées à mentionner les Pères Noël est un dictionnaire du milieu du XVIIIe siècle compilé par Jón Ólafsson of Grunnavik. Il comprend deux noms totalement absents du canon moderne : Jólaskódóli et Skinnsokkabrokkur.
Dans certaines régions, les Pères Noël étaient décrits comme les fils de Gryla ; dans d’autres, comme ses frères. Certains récits n’en mentionnaient que neuf. Un conte populaire de l’est de l’Islande situait leur origine dans l’océan plutôt que dans les montagnes. Une rare comptine décrivait même deux farceuses de Noël. Les treize personnages canoniques sont donc la version qui a survécu, et non la seule version ayant existé.
Nous avons demandé au professeur Terry Gunnell ce qu’il pensait de ces variations.
13 est un nombre courant dans la mythologie et les croyances, comme le nombre des apôtres. Oui, les noms diffèrent selon les régions, tout comme les endroits où ils vivent pendant l’année.
Le nombre treize en dit donc peut-être autant sur le pouvoir culturel de ce chiffre que sur le nombre exact de fils de Gryla.
Des chants de Noël islandais uniques
À l’image de son folklore, les chants de Noël islandais sont uniques et profondément liés aux coutumes locales. Les Pères Noël et leur famille occupent souvent une place centrale dans la musique des fêtes, notamment dans l’un des exemples les plus emblématiques : « Jólasveinar ganga um gólf » (« Les Pères Noël marchent sur le sol »). Cette chanson très appréciée est immédiatement reconnaissable par tous les Islandais et constitue un incontournable des célébrations de Noël.
Un autre air populaire mettant en scène les Pères Noël est « Jólasveinar einn og átta », qui raconte l’impatience des enfants à l’idée de les voir arriver des montagnes avec des cadeaux ! Le titre se traduit par « Les Pères Noël, un et huit », ce qui suscite des interrogations depuis longtemps. Cela ferait neuf personnages au total, alors qu’ils sont généralement censés être treize !
Cela pourrait s’expliquer par l’évolution des croyances au fil du temps, car il existe en réalité des récits évoquant bien davantage de Pères Noël dans différentes régions d’Islande, avant que le célèbre groupe des treize frères ne devienne la version officielle aujourd’hui reconnue en Islande !
Les Pères Noël ne sont pas les seuls à avoir leurs propres chansons pendant les fêtes : les autres membres de leur famille en ont aussi ! « Jólakötturinn » (« Le Chat de Noël ») est une autre chanson emblématique. Elle raconte comment les habitants s’empressaient de confectionner de nouveaux vêtements pour Noël afin d’échapper à sa colère. Cette chanson inquiétante est interprétée par nul autre que Björk !
Combien de lutins de Noël rendent visite aux enfants ?
Les lutins de Noël sont-ils des trolls ?
Où peut-on rencontrer les lutins de Noël en Islande ?
-Le champ de lave de Dimmuborgir : considéré comme le foyer des lutins de Noël, il accueille chaque année un événement très populaire où les visiteurs peuvent les rencontrer en personne.
-Marchés et événements de Noël : les lutins de Noël apparaissent régulièrement lors des festivités organisées dans toute l’Islande au mois de décembre, notamment sur différents marchés de Noël de Reykjavik.
-La Maison de Noël d’Akureyri : ouverte toute l’année et entièrement consacrée aux traditions de Noël islandaises, notamment aux lutins de Noël et à leur famille.
Gryla a-t-elle un mari ?
Gryla ressemble-t-elle au Krampus ?
Que signifie Jolabokaflod ?
Visiterez-vous l’Islande cet hiver ? Fêterez-vous les fêtes de fin d’année en Islande ? Lequel de ces personnages du folklore vous semble le plus intéressant ? En aviez-vous déjà entendu parler ? Partagez vos réflexions et vos expériences dans la section des commentaires ci-dessous !

Hi, I’m Richard. I lived in Iceland for a decade, during which I traveled the country extensively and worked as a guide for several leading travel companies. I’m passionate about writing and sharing the best travel experiences Iceland has to offer so visitors can discover and enjoy the magic of this incredible country just like I did.
