Combien y a-t-il de volcans en Islande ? À quelle fréquence entrent-ils en éruption ? Quelle est la probabilité de voir un volcan se réveiller pendant vos vacances ? Est-il dangereux d’aller les visiter ? Découvrez dès maintenant notre guide complet des volcans d’Islande.

Terre de glace et de feu, l’Islande offre des paysages naturels féériques où le froid extrême des glaciers et du climat arctique est en lutte constante avec les explosions de chaleur venues des profondeurs de la Terre. Il en résulte tout un univers de contrastes spectaculaires qui détonnent ici et là dans des paysages dépouillés et d’une beauté sans pareil à travers le monde.

Rien de tout cela ne serait possible sans les volcans d'Islande. Plus que tout autre force naturelle, c’est probablement celle des volcans qui caractérise le mieux ce pays, de par les vastes champs de lave recouverts de mousse, les grandes plaines de sable noir, les pics escarpés et les profonds cratères auxquels elle donne le jour.

La lave serpente loin de l'éruption de Holuhraun dans les hautes terres islandaises.

Ce sont également à ces forces volcaniques qui grondent sous la surface de la Terre que l’on doit quelques-unes des merveilles les plus populaires du pays, telles que les sources chaudes naturelles et leurs geysers explosifs. Mais les éruptions passées ont aussi donné naissance à des grottes de lave sinueuses et autres falaises ornées d’orgues basaltiques hexagonales.

Les visiteurs affluent par milliers en Islande pour admirer ses volcans et les splendeurs naturelles qu’ils forgent (et continuent à forger) dans le paysage. Et lorsqu’ils entrent en éruption, les curieux sont encore plus nombreux à se précipiter pour profiter d’un des phénomènes les plus spectaculaires et les plus beaux observables sur notre planète. C’est au regard de l’importance qu’ils ont pour la nature, l’industrie et l’identité du pays que nous avons décidé de compiler ce guide complet des volcans en Islande, afin de répondre à toutes vos questions que vous vous posez à leur sujet.



Sommaire

1 — Combien y a-t-il de volcans en Islande ?

2 —Pourquoi l'Islande est-elle si volcanique ?

3 —À quelle fréquence se produisent les éruptions volcaniques en Islande ?

4 —Les éruptions volcaniques en Islande sont-elles dangereuses ?

5 —Quelle a été la pire éruption d'Islande ?

6 —Comment l'Islande utilise-t-elle ses volcans ?

7 — Le tourisme volcanologique en Islande

8 —Les dix volcans les plus célèbres d'Islande

    i - L’Eyjafjallajökull : le volcan le plus célèbre d’Islande

    ii - Le Thrihnukagigur : le volcan dans lequel vous pouvez pénétrer

    iii - Grímsvötn : les volcans les plus meurtriers d’Islande

    iv - Le volcan Hekla : les portes de l’enfer

    v - Le Katla : voisin explosif de l’Eyjafjallajökull 

    vi - Le Snæfellsjökull : porte d’accès au centre de la Terre

    vii - L’Askja : le volcan source chaude d’Islande

    viii Le Krafla : un lac de cratère froid

    ix - Le Hverfjall/Hverfell : une randonnée pour toute la famille autour d’un volcan

Combien y a-t-il de volcans en Islande ?      

Cendres flottant du volcan Holuhraun en Islande.

L’Islande compte environ 130 volcans, en activité ou non. Environ 30 systèmes volcaniques actifs se trouvent sous l'île, dans toutes les régions du pays, à l’exception des fjords de l'Ouest.

Si les Fjords de l’Ouest ne présentent plus aucune activité volcanique, c’est parce qu’ils constituent la partie la plus ancienne de la masse continentale de l’Islande, qui s'est formée il y a environ 16 millions d’années et s'est depuis éloignée de la dorsale médio-atlantique. De ce fait, les Fjords de l'Ouest sont la seule région du pays à devoir chauffer l’eau à l'électricité, plutôt que par la géothermie.



Pourquoi l'Islande est-elle si volcanique ?         

Le champ de lave à Eldhraun dans les Highlands est un parfait exemple des effets des volcans sur la nature islandaise.

Le volcanisme de l'Islande s’explique par le fait que le pays est situé juste au-dessus de la dorsale médio-atlantique. Il s’agit de la crête qui sépare les plaques tectoniques nord-américaine et eurasiatique. L'Islande est d’ailleurs l'un des rares endroits au monde où elle peut être vue au-dessus du niveau de la mer.

Ces plaques tectoniques sont divergentes, ce qui signifie qu'elles s'éloignent l’une de l’autre. Ce processus fait remonter le magma du manteau terrestre qui vient alors combler l'espace qui les sépare sous la forme d'éruptions volcaniques. Le phénomène a lieu tout le long de la faille, comme on peut le constater sur d'autres îles volcaniques telles que celles des Açores ou de Sainte-Hélène.

La dorsale médio-atlantique traverse donc toute l'Islande, si bien qu'une grande partie se trouve en fait sur le continent nord-américain. Il existe de nombreux endroits dans le pays où vous pouvez voir certains tronçons de la crête, comme sur la péninsule de Reykjanes et la région du lac Mývatn, mais Thingvellir reste l’endroit où elle se laisse le mieux observer. Dans le parc national de Thingvellir, vous pouvez en effet marcher dans une vallée qui s’étend entre les deux plaques, et voir clairement les parois des deux continents de part et d'autre du paysage.

En raison de l’éloignement des plaques, cette vallée s'élargit d'environ 2,5 cm par an !



À quelle fréquence se produisent les éruptions volcaniques en Islande ?        

Une photo de la dernière éruption majeure en Islande, à Holuhraun.

Les éruptions volcaniques en Islande sont imprévisibles, mais relativement régulières. Depuis le début du 19e siècle, pas une décennie ne s’est écoulée sans que rien ne se passe, mais l’activité volcanique peut tantôt se manifester sous forme d’une succession rapide d’événements, tantôt d’éruptions espacées les unes des autres dans le temps.

L’éruption la plus récente connue en Islande s'est produite à Holuhraun dans les Hautes Terres en 2014. Le volcan Grímsfjall a enregistré une courte éruption en 2011, et celle, plus célèbre, de l’Eyjafjallajökull a causé beaucoup de problèmes en 2010. On ne parle là que des événements « connus », car plusieurs éruptions volcaniques sous-glaciaires présumées ont eu lieu à différents endroits du pays sans pour autant briser la glace, comme au Katla en 2017 et au Hamerinn en 2011.



Les éruptions volcaniques en Islande sont-elles dangereuses ? 

En dépit de leur puissance impressionnante, la lave provenant d’un volcan n’est pratiquement plus menacée en Islande.

De nos jours, la menace que font peser les éruptions volcaniques sur la vie humaine est minime. Les stations sismologiques réparties dans tout le pays prédisent les éruptions avec une excellente fiabilité, et dès qu’un volcan majeur comme le Katla ou l’Askja montre des signes de réveil, les zones concernées font l'objet d'un accès réglementé et d'une étroite surveillance.

La plupart des volcans en activité se trouvent loin des villes, et l'on doit cela au bon sens des premiers colons. La Côte Sud de l'Islande, par exemple, compte très peu de villes et de villages, car de grands volcans comme le Katla et l’Eyjafjallajökull se trouvent juste au Nord de la région. De plus, comme ces deux monts sont situés sous des glaciers, leurs éruptions peuvent provoquer d’énormes inondations glaciaires qui balayent tout sur leur passage jusqu’à l’océan.

C’est d’ailleurs pour cette raison qu’une grande partie du Sud du pays s’apparente à un vaste désert de sable noir : il s’agit d'une plaine d'épandage fluvio-glaciaire.



La plage de Reynisfjara, sur la côte sud de l'Islande, est recouverte de sable noir suite à des inondations glaciaires.

Ces inondations glaciaires, ou jökulhlaups comme on les appelle en volcanologie, restent l'un des aspects les plus dangereux des volcans d'Islande, en raison de leur imprévisibilité. Comme nous l’avons dit précédemment, des éruptions sous-glaciaires peuvent se produire sans que personne ne le sache, et donc déclencher des inondations sans présenter de signes avant-coureurs.

Bien entendu, la science progresse constamment et, désormais, les zones concernées peuvent être évacuées et placées sous surveillance à la moindre suspicion de survenue d’un jökulhlaup. Il est donc évident et impératif de ne jamais emprunter les routes fermées à la circulation, même si c'est l'été et qu'il n'y a apparemment aucun danger.

Bien que la plupart des volcans soient éloignés des agglomérations, des imprévus peuvent toujours se produire. Cependant, lorsqu’ils se sont produits, les mesures d’urgence en vigueur en Islande se sont révélées d’une efficacité redoutable. Prenons, par exemple, l'éruption de 1973 de Heimaey dans les îles Westman.



Les îles Westman sont un archipel volcanique, dont Heimaey est la seule île habitée ; au moment de l'éruption, elle comptait 5 200 habitants. Au petit matin du 22 janvier, une faille qui s’était ouverte à la périphérie de la ville s’est étendue jusque dans le centre, coupant des routes et engloutissant des centaines de bâtiments dans la lave en fusion.

En dépit du fait que l’événement se soit produit au beau milieu de la nuit, et en plein hiver, l’évacuation de l’île a été rapide et efficace. Une fois la population mise en sécurité sur le continent, les équipes de secours islandaises ont collaboré avec les troupes américaines basées dans le pays afin de minimiser les dégâts.

En pompant constamment de l’eau de mer pour la déverser sur la coulée de lave, ils ont non seulement réussi à la dévier afin qu’elle épargne de nombreuses maisons, mais ils l’ont également empêché de fermer le port, ce qui aurait paralysé à tout jamais l’économie de l’île.

Bien que près de 400 maisons aient été détruites et que les infrastructures de l'île aient été lourdement endommagées, une seule personne a perdu la vie à la suite de l'éruption de Heimaey. Aujourd'hui, la ville a été reconstruite attire de nombreux touristes qui souhaitent observer les baleines ou les macareux, ou bien à se renseigner sur cet événement fascinant.



Terre de glace et de feu, l'Islande est connue pour ses éruptions volcaniques.

Bien que la prévision et la réaction aux éruptions volcaniques islandaises soient devenues excellentes, il existe encore certains dangers associés aux éruptions que les voyageurs devraient connaître. Si une éruption se produit en Islande pendant votre séjour, il est important de connaître la direction du vent. Même une éruption dans les Hautes Terres peut affecter la qualité de l'air à Reykjavík si les vents sont défavorables, et cela peut causer des problèmes respiratoires chez les plus jeunes, les personnes âgées et les personnes qui y sont déjà sujettes.

Il est alors souvent recommandé de rester à l'intérieur avec les fenêtres fermées les jours où le niveau de toxicité est particulièrement élevé.

Les recommandations des autorités concernant les éruptions et la qualité de l'air sont disponibles sur le site web de la météo islandaise.

Bien que la menace pour la vie humaine lors d'une éruption islandaise soit très faible, les conséquences plus larges peuvent encore être tout à fait considérables. Les éruptions en Islande sont des événements d’ampleur internationale majeurs pouvant avoir des conséquences dramatiques, même à des centaines de kilomètres.

Lorsque la lave émerge de sous la glace, le nuage de cendres est beaucoup plus destructeur.

Les éléments en provenance des profondeurs de la Terre expulsés par ces éruptions, par exemple, peuvent empoisonner les cultures et le bétail, paralysant ainsi l’activité de celles et ceux qui vivent de la Terre. L’éruption de Holuhraun a ainsi coûté la vie à des milliers de moutons à travers le pays en 2015, ce qui a sérieusement impacté les revenus de nombreux agriculteurs islandais.

Les nuages de cendres produits par les volcans islandais peuvent également faire des ravages. Comme en 2010, lors de l'éruption d'Eyjafjallajökull, où le trafic aérien a dû être suspendu dans toute l'Europe, entraînant des dommages considérables sur l'économie. Cependant, cette fois-ci, l’impact s’est révélé relativement mineur par rapport aux nuages de cendres précédents. Le nuage de cendres provoqué par l’éruption du Laki en 1784, par exemple, a été beaucoup plus catastrophique.

Il a traversé toute l'Europe, provoquant des brouillards très épais qui ont obligé à fermer les ports, entraînant du même coup de graves pénuries alimentaires, et une hausse suffisante des températures pour faire pourrir l’essentiel des réserves de nourriture. Il a également empoisonné de nombreuses personnes travaillant en extérieur. Ainsi, l'un des plus proches voisins de l'Islande, la Grande-Bretagne, aurait perdu 23 000 personnes à cause des gaz.

Les conséquences se sont révélées encore plus dramatiques en France. L’impact du nuage sur le climat du pays a provoqué des famines si terribles que de nombreux historiens considèrent le Laki comme l'un des facteurs de la Révolution française. Pendant ce temps, en Égypte, l'éruption faisait baisser les températures et les précipitations, si bien que le Nil s’est retrouvé asséché et que le pays a perdu un sixième de sa population.

Au total, on considère que le Laki a fait près de six millions de victimes.

Quelle a été la pire éruption d'Islande ?       

L'éruption islandaise la plus catastrophique en termes de vie humaine a été sans aucun doute l'éruption du Laki de 1784 que nous venons de mentionner. Elle n’a pas seulement eu un impact sur le climat et la santé au niveau mondial, mais également presque déchiré la nation islandaise.

Le volume considérable de cendres retombées sur les sols a conduit à la perte de nombreuses récoltes et à l’empoisonnement de nombreuses rivières à travers tout le pays. La moitié du bétail a été exterminée, et un tiers des Islandais ont perdu la vie à cause de la famine qui s’en est suivie. Un autre tiers a quitté le pays, la plupart pour émigrer en Amérique du Nord, dans l'espoir d'une nouvelle vie plus prospère, loin de ce qui ne semblait plus être qu’une île à l’agonie.



Comment l'Islande utilise-t-elle ses volcans ? 

L'énergie volcanique en Islande est utilisée pour son électricité, son eau chaude, ses infrastructures, son industrie et ses loisirs.

Bien que la menace d’une éruption et le souci de ses conséquences fassent partie intégrante de la psyché islandaise, sans les systèmes volcaniques et leur énergie géothermique, l’Islande ne serait pas la moitié du pays qu’elle est aujourd’hui.

Une grande partie de l'économie et des infrastructures islandaises repose sur la géothermie dont regorge le pays. La grande majorité de l'eau chaude du pays est pompée directement dans le sous-sol pour alimenter les robinets et les radiateurs, ce qui permet aux Islandais de bénéficier d’un chauffage on seulement à moindre coût, mais aussi respectueux de l'environnement. Les légumes, les fruits et les herbes aromatiques sont cultivés toute l'année durant dans des serres, ce qui permet d’avoir des produits frais du monde entier même en plein hiver.

L'Islande produit également environ 30 % de son électricité dans des centrales géothermiques. Le reste étant de l'hydroélectricité, l'Islande est l'un des rares pays au monde à utiliser presque exclusivement des sources d'énergie renouvelable. Cela ne signifie pas, cependant, que le potentiel des volcans islandais soit toujours utilisé à bon escient. L’industrie lourde, en particulier la fonderie d’aluminium, se développe lentement en Islande en raison de la forte attractivité que représente aux yeux des investisseurs étrangers cette source de chaleur naturellement abondante.



Bien entendu, le secteur du tourisme islandais dépend aussi beaucoup des volcans. Après tout, vous ne pouvez pas être « la terre de glace et de feu » sans que ces forces de la nature soient actives.

Le tourisme volcanologique en Islande      

Beaucoup attribuent l'explosion récente du tourisme en Islande à l'éruption de l’Eyjafjallajökull en 2010. Alors que les présentateurs des journaux télé du monde entier décrivaient le déroulement des événements, devant les images d’une beauté spectaculaire du pays à l’état brut, des millions de personnes ont soudain eu l’envie irrépressible d’aller découvrir l’Islande par elles-mêmes.

Il n’est donc pas étonnant que l’économie du tourisme se soit en grande partie constituée autour de l’exploration des volcans et des régions volcaniques. Ces excursions existent sous toutes sortes de formes. Certaines proposent de simples visites guidées, comme ce tour de la péninsule de Reykjanes, qui sont pour vous l’occasion de vous cultiver sur tous les aspects de la région ; tandis que d'autres formules vous permettent de découvrir le pays à travers des activités pleines d’adrénaline.

Cette sortie en super jeep qui vous conduit auprès de quelques-uns des cratères du Nord de l’Islande au départ du village de Húsavík, inclut aussi une excursion spéléologique qui permet d’approfondir vos connaissances sur les processus volcanologiques qui sont à l’œuvre lors des éruptions. Enfin, cette excursion de survol aérien vous permettra d’admirer le cratère de Grímsvötn, situé sous l'énorme glacier Vatnajökull, sous un angle de vue absolument privilégié.

Les émanations volcaniques montent de la terre près de Myvatn dans le nord de l'Islande.

Mais il est une sortie volcanique en Islande qui n'est proposée dans un aucun autre pays. Il s’agit de l’excursion « Dans les entrailles du volcan » qui vous permet de descendre grâce à un ascenseur dans l’immense chambre magmatique aux couleurs vives d'un volcan endormi. En effet, il est extrêmement rare que ce genre de structure géologique se forme lors du refroidissement des volcans, et cette excursion constitue donc une chance à ne surtout pas laisser passer pour celles et ceux qui veulent profiter d’une des plus beaux joyaux naturels d’Islande.

Il convient toutefois de noter que la grande majorité des excursions proposées en Islande impliqueront, d’une manière ou d’une autre, des volcans. Le pays en a tellement qu’ils sont tout simplement incontournables. Toutes les excursions de Snæfellsnes, par exemple, se font sous le regard permanent de l’imposant volcan du Snæfellsjökull. Il en va de même avec l’ensemble des excursions autour du lac Mývatn qui vous permettent de voir tel ou tel secteur du système du Krafla, ainsi qu’avec les randonnées dans les Hautes Terres qui passent par de nombreux autres...

On retiendra notamment le sentier de randonnée de Fimmvorduháls qui passe par la coulée de la lave issue de la dernière éruption de l’Eyjafjallajökull. Ici, ce sont les deux derniers cratères à s’être formés en Islande qui vous attendent : le Magni et le Móði.

Bien qu’il n'y ait aucune éruption en cours en Islande, de nombreux opérateurs adaptent leurs itinéraires dès que l’une d’entre se déclare. Surveillez les excursions en super jeep, en avion et en hélicoptère, au cas où l’un des volcans islandais se réveillerait et que vous ne vouliez surtout pas rater le spectacle des coulées de lave en fusion.

Les dix volcans les plus célèbres d'Islande        

Comme nous l’avons dit, l’Islande compte plus de 130 volcans connus. Cependant, il est indispensable de se pencher d’un peu plus près sur un grand nombre d’entre eux, du fait qu’ils sont en activité, qu’ils se démarquent des autres par une beauté unique en son genre, qu’ils ont marqué l’histoire du pays, ou tout simplement, pour l’intérêt particulier des excursions qu’ils accueillent. Voici à présent une liste de dix volcans que tout voyageur en Islande devrait aller explorer.

L’Eyjafjallajökull : un volcan islandais à la réputation mondiale

La plupart des gens connaissent le volcan d’Eyjafjallajökull depuis que son éruption de 2010 a provoqué l’interruption d’une grande partie du trafic aérien européen. Cette éruption, il est vrai, est venue contrarier de nombreux clients des compagnies aériennes, mais en comparaison avec les plus grandes éruptions qu’a connues d’Islande, on peut dire que celle-ci n’était (littéralement) que le haut de l’iceberg (enfin, du glacier si vous préférez...).

L’Eyjafjallajökull est situé dans le sud de l’Islande, juste à côté de l’un des volcans les plus dangereux du pays, le Katla. 

L’éruption de 2010 est la plus puissante qu’ait connue l’Eyjafjallajökull à ce jour. Il s’était bien déjà réveillé quelques fois, mais sa dernière éruption est sans commune mesure. Une petite, mais longue, éruption s’était produite de 1821 à 1823, suivie d’une grande éruption de son gigantesque voisin, Katla. L’Eyjafjallajökull est également entré en éruption en 1612-1613, ainsi qu’en l’an 920, mais on n’en sait guère plus sur son activité antérieure.

En général, le volcan Katla entre en éruption juste après l’Eyjafjallajökull, et cause beaucoup de dégâts. Heureusement, ce n'est pas arrivé en 2010.

Toujours est-il qu’en 2010, l’Eyjafjallajökull est devenu une destination très prisée. Dès les premiers jours de l’éruption, ce sont des centaines voire des milliers de personnes qui se sont rendues au pied du volcan pour admirer le spectacle. Puis l’éruption est entrée dans sa phase la plus active et donc la plus dangereuse, le volcan s'est mis à cracher des tonnes et des tonnes de cendres, ainsi qu’un peu de lave. 

De ce magma sont nées deux nouvelles montagnes. Elles ont été baptisées Magni et Módi (d’après les noms portés par les fils de Thor dans la mythologie nordique). Encore aujourd’hui, des années après, les randonneurs peuvent sentir la chaleur du sol au sommet de la montagne, et si vous creusez un petit peu, la chaleur est suffisante pour réchauffer un sandwich !

Vous pouvez observer les volcans Eyjafjallajökull et le Katla dans toutes les excursions sur la Côte Sud.

Le volcan Thríhnúkagígur : le seul volcan du monde dont vous pouvez explorer les entrailles

Le seul volcan dans lequel il est possible de PÉNÉTRER, pas seulement en Islande, mais dans le monde entier, est le Thríhnúkagígur. Les cratères du Thríhnúkar se trouvent dans les environs de Reykjavík, et sont endormis depuis 4000 ans environ. En fait, ils se trouvent non loin de la station de sports d’hiver de Reykjavík, Bláfjöll (« les monts bleus »), donc ne vous attendez pas à avoir très chaud lorsque vous irez les voir !

Par contre, préparez-vous à pénétrer dans une immense chambre magmatique d’environ 150 m3 ! L’entrée de la chambre magmatique fait seulement 4 m sur 4, puis vous prenez un ascenseur qui vous fait descendre 120 m plus bas, sur le sol de la grotte qui fait à peu près la taille d’un terrain de football. À partir de là, plusieurs tunnels permettent de descendre encore plus bas jusqu’à une profondeur de 200 m.

Cette chambre magmatique est considérée comme l’une des formations naturelles les plus impressionnantes et les plus remarquables au monde, entre autres, en raison des couleurs étonnantes qu’elle présente : c'est tout simplement stupéfiant à voir ! La première descente a été effectuée en 1974, mais la chambre n’est accessible aux visiteurs que depuis 2012, après qu’on y ait construit les équipements nécessaires pour les faire descendre jusqu’au fond. La visite ne se fait que par tout petit groupe et dans le calme, par souci de protection du site ; et sachez que certaines personnes viennent jusqu’en Islande d’abord et avant tout pour visiter la chambre magmatique du Thríhnúkagígur.

Ne passez surtout pas à côté de cette excursion à l’intérieur d’un volcan !

Grimsvotn : les volcans les plus meurtriers d’Islande

Les éruptions volcaniques de Skaftí¡reldar photographiées par ÁsgrÁmmmí³nsson (1876-1958)

Le système volcanique de Grímsvötn (« les lacs de Grímur », littéralement) est le plus instable des 30 systèmes volcaniques que compte l’Islande. Il existe des lacs subglaciaires dans la zone du glacier de Vatnajökull dans le sud-est de l’Islande, c'est à dire des lacs invisibles à la surface. Or, le volcan est situé sous ces lacs, et c'est pourquoi lorsqu’il entre en éruption la glace fond extrêmement vite, provoquant des explosions d’une puissance exceptionnelle, ainsi que d’immenses nuages de cendres.

Mais l’éruption la plus meurtrière qu’ait jamais connue l’Islande a eu lieu à Skaftáreldar (« feux de la Skaftá ») en 1783-1784. Elle s'est produite sur une chaîne de cratères appelée Lakagígar (« les cratères du Laki ») qui appartient au système volcanique de Grímsvötn, et qui s’étend au nord du glacier de Vatnajökull.

Un quart environ de la population islandaise (9350 personnes) a perdu la vie dans cette éruption des Lakagígar, non pas en raison des coulées de lave, mais de causes indirectes, comme les modifications climatiques et les maladies qui ont frappé le bétail à cause des gaz et des cendres toxiques. 50 % du bétail d’Islande a été décimé et la famine s'est abattue sur le pays. 

Mais l’éruption a ensuite eu de graves conséquences à l’échelle mondiale en provoquant une chute globale des températures et en recrachant du dioxyde de soufre sur tout l’hémisphère nord. De nombreuses récoltes ont ainsi été détruites en Europe, et vraisemblablement sérieusement affectées en Inde. Au total, on estime que cette éruption est responsable de la mort de plus de 6 MILLIONS de personnes à travers le monde. Ce qui fait du Grímsvötn le volcan le plus meurtrier d’Islande.

On pense que de toutes les éruptions de l’histoire, celle des Lakagígar en 1783 est celle qui a le plus recraché de lave et causé le plus de décès.

Quoi qu’il en soit, la région des Lakagígar est d’une beauté époustouflante, et si vous avez envie d’aller la voir de vos propres yeux, ce survol des cratères de Laki et des environs devrait vous intéresser.

Le volcan Hekla : les portes de l’enfer

Volcan Hekla en Islande par Sverrir Thorolfsson via Wikimedia Commons

L’Hekla est l’un des volcans les plus célèbres et les plus actifs d’Islande. Au Moyen-Âge, on le surnommait « les portes de l'Enfer ». L’Hekla se trouve dans le sud-ouest du pays, à seulement 2 heures environ de Reykjavík.

Les éruptions de l’Hekla sont de types très variés et difficiles à prédire. Elles peuvent durer de quelques jours à quelques années. En général, on considère que plus le volcan reste longtemps endormi, plus l’éruption à venir sera intense et dévastatrice ! Depuis la fondation de l’Islande en l’an 874, l’Hekla est entré en éruption plus de 20 fois, avec des intervalles de sommeil allant de 9 à 120 ans.

Sa plus grande éruption s'est produite de façon soudaine et sans signes précurseurs en 1104, projetant des tonnes de pyroclastes dans les airs.

Une autre, survenue au cours de l’hiver 1300-1301 a causé d’importants dégâts à Skagafjördur et à Fljót, ainsi que la mort de 500 personnes. 40 ans plus tard, le volcan a récidivé tuant beaucoup d’animaux d’élevage. 

L’année 1693 a vu l’une des éruptions les plus destructrices de l’Hekla. Les pyroclastes ont provoqué des lahars, des tsunamis, ils ont endommagé ou détruit des fermes et causé la mort de nombreux animaux sauvages.

En 1845, l’Hekla dormait depuis plus de 60 ans, lorsqu’il a soudain explosé en de multiples éruptions, recouvrant toute l’Islande de cendre volcanique toxique et répandant la mort dans les troupeaux.

La dernière éruption en date s'est produite le 26 février 2000 sans causer beaucoup de dégâts.

Vous trouverez une grande variété d’excursions à l’Hekla incluant un passage au Landmannalaugar situé non loin.

Le Katla : le volcan le plus dangereux d’Islande

Katla est située sous le glacier Mørdalsjökull, dans le sud-est de l'Islande.

Le Katla est connu pour être l’un des volcans les plus dangereux d’Islande. Il se trouve dans le glacier de Mýrdalsjökull dans le sud de la terre de glace, et lorsqu’il entre en éruption, il peut faire sortir de leur lit les rivières glaciaires, provoquant de terribles inondations capables de mettre en ruines les maisons et les fermes.

Le Katla est l’un des plus gros volcans d’Islande. Il est entré en éruption 20 fois entre 930 et 1918 avec des intervalles de 13 à 95 ans.

La dernière grande éruption s'est donc produite en 1918, mais les volcanologues pensent que la prochaine ne devrait pas tarder — et le passif de ce volcan indique qu’elle pourrait être catastrophique.

Le volcan Snæfellsjökull : l’entrée vers le centre de la Terre

Volcan Snæfellsjökull en Islande

Photo de Hótel Búðir

Le Snæfellsjökull est, comme de nombreux autres volcans d’Islande, à la fois un volcan et un glacier. Plus précisément, il s’agit d’un stratovolcan particulièrement remarquable. Il est devenu connu dans le monde entier en 1864, non pas en raison d’une éruption, mais parce que c'est lui que Jules Verne a choisi pour faire débuter l’expédition vers les entrailles de la planète dans son célèbre roman Voyage au centre de la Terre.

La dernière éruption du Snæfellsjökull s’est produite vers 200 apr. J.-C. (à plus ou moins 150 ans près).

Le volcan est entouré de magnifiques coulées de lave, et son environnement montagneux qui s’étend jusqu’au niveau de la mer a été classé parc national. Depuis quelques années, le glacier a rétréci sous l’effet du réchauffement climatique, et à un moment donné en 2012, pour la première fois de mémoire d’homme, la glace a totalement disparu de son sommet.

Askja : le volcan source chaude d’Islande

Lac Askja gelé

Photo de Askja Private Tour

Askja était quasiment inconnu jusqu’à l’énorme éruption de 1875. Les retombées de cendres massives et hautement toxiques sur les terres causèrent alors beaucoup de pertes dans le bétail, notamment dans les Fjords de l’Est. Des cendres retombèrent jusqu’en Norvège et en Suède, et l’éruption poussa de nombreux habitants à fuir l’Islande.

Le lac de la caldeira s'est formé lors de l’éruption de 1875, depuis, sa température n’a cessé de baisser lentement. Désormais, il gèle en surface pendant l’hiver, et la couche de glace perdure la majeure partie de l’année. Cependant, on trouve un plus petit lac géothermal dans une autre caldeira appelée Víti (ou « Enfer ») qui est suffisamment chaud pour se baigner, et que nous mentionnons dans nos 5 meilleures sources chaudes d’Islande.

En 1907, des scientifiques allemands sont venus explorer le lac d’Askja sur une petite embarcation, mais ils ont disparu sans jamais laisser de traces. La fiancée de l’un d’entre eux a alors conduit une expédition pour les retrouver un an plus tard, mais elle a été obligée d’admettre qu’elle n’aurait jamais l’explication de leur disparition. À ce jour, aucun corps n’a été retrouvé dans le lac qui fait 220 m de profondeur et environ 12 km2.

La dernière éruption de l’Askja date de 1961.

Les excursions à l’Askja ont beaucoup de succès, il se trouve dans les Hautes Terres, juste au nord du glacier de Vatnajökull dans la moitié Est du pays. Elles partent d’Akureyridu lac Mývatn ou d’Egilsstadir.

Le volcan de Krafla : un lac de cratère froid

Víti au coeur du volcan Krafla en Islande

Photo de Jesse.Hu

Encore un célèbre volcan islandais qui porte un nom de femme. Comme Askja, le lac qui s'est formé en son cratère porte le même nom : Víti. La principale différence, c'est que le Víti de Krafla est un lac froid, contrairement au Víti d’Askja. Le Víti de Krafla est également d’un bleu émeraude magnifique.

À son point culminant, le Krafla atteint 818 m d’altitude, et fait 2 km de profondeur. La caldeira, elle, fait 10 km de diamètre.

De mémoire d’homme, le volcan est entré en éruption 29 fois, dont les 9 dernières ont eu lieu entre 1975 et 1984. Le Krafla est situé non loin du lac Mývatn, et juste au sud du volcan se trouve le vaste et impressionnant site géothermal de Námafjall.

Si vous faites route en direction du nord de l’Islande, ne manquez surtout pas cet impressionnant volcan !



Le Hverfjall/Hverfell : une petite randonnée tranquille vers le volcan

Volcan Hverfjall / Hverfell en Islande

Photo de Jesse.Hu

Enfin, il existe un volcan situé à proximité du lac Mývatn qui remporte un franc succès auprès des amateurs de randonnée. Les gens du coin ne sont pas d’accord sur le nom à donner au volcan, et il en porte donc deux : Hverfjall et Hverfell.

Le Hverfjall/Hverfell n’a pas connu d’éruption depuis environ 4500 ans, et son cratère ne fait qu'un km de diamètre, c'est pourquoi ce volcan éteint est idéal pour une petite marche tranquille. En effet, il ne faut qu’une heure pour faire le tour de ce célèbre cône de scories qui se trouve juste à côté du lac Mývatn.